ConsomAction

Consommation d'alcool en France : les chiffres clés 2026

Consommation d'alcool en France : évolution depuis 1960, profils de consommateurs, essor du Dry January. Les chiffres Santé publique France et OFDT.

L'équipe Consomaction Publié le 6 min de lecture

Consommation d’alcool en France : les chiffres clés 2026

Réponse courte : la France reste l’un des pays où l’on consomme le plus d’alcool par habitant, dans le groupe de tête de l’OCDE et au-dessus de la moyenne européenne, avec 9.75 litres d’alcool pur par personne de 15 ans et plus en 2024 selon l’OFDT. Mais la tendance de fond est une baisse continue depuis les années 1960, portée par l’effondrement du vin quotidien : de 26 litres en 1961, la consommation a été divisée par plus de deux et demi en soixante ans. Dans le même temps, le Dry January s’installe, avec environ 4.5 millions de participants en 2024.

Les chiffres clés en un coup d’œil

Ce tableau rassemble les indicateurs de référence publiés par Santé publique France (SPF) et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Les valeurs sont actualisées chaque année : la date de mise à jour de cet article fait foi.

IndicateurOrdre de grandeurSource
Alcool pur par habitant (15 ans et plus)9.75 litres en 2024 (10.35 en 2023)OFDT
Consommation quotidienne8% des adultes en 2021 (10% en 2017)SPF (Baromètre)
Adultes dépassant les repères de consommation22% en 2024 (30% des hommes, 15% des femmes)SPF (Baromètre)
Décès annuels attribuables à l’alcoolenviron 41 000 (30 000 hommes, 11 000 femmes)SPF
Boisson dominante (en alcool pur)le vin (52% des volumes vendus), devant la bière et les spiritueuxOFDT

Pour se représenter ce que signifie un “litre d’alcool pur” : un verre standard contient 10 grammes d’alcool, soit environ 1.25 cl d’alcool pur. Un litre d’alcool pur correspond donc à environ 80 verres standard. À 9.75 litres par an, la moyenne française tourne autour de 780 verres standard par personne et par an.

La grande baisse : ce qui a changé depuis 1960

C’est le fait le plus solide de toute la statistique française sur l’alcool : on boit beaucoup moins qu’avant. En 1961, elle atteignait 26 litres d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus, contre 9.75 litres en 2024 (série longue OFDT) : divisée par plus de deux et demi. La quasi-totalité de cette baisse s’explique par le déclin du vin de table quotidien : le litre de rouge à chaque repas a pratiquement disparu des habitudes, et rien qu’entre 2000 et 2023, les quantités d’alcool pur vendues sous forme de vin ont encore reculé de 36.5%.

La baisse ne signifie pas que tout va bien. Les enquêtes montrent que la consommation s’est déplacée : moins fréquente, plus concentrée sur les week-ends et les occasions festives, avec des alcoolisations ponctuelles importantes qui restent répandues chez les jeunes adultes. Boire moins souvent ne veut pas toujours dire boire moins d’un coup.

Qui boit quoi en France ?

Trois constantes ressortent des enquêtes de santé publique :

  • Les hommes boivent plus que les femmes, en fréquence comme en quantité : en 2024, 30% des hommes dépassent les repères de consommation, contre 15% des femmes (Baromètre de Santé publique France).
  • La consommation quotidienne est surtout le fait des plus de 65 ans, héritage du modèle “vin à table”, tandis que les ivresses ponctuelles concernent d’abord les 18-34 ans, même si la génération Z entretient un rapport différent à l’alcool.
  • Le vin domine en alcool pur avec 52% des volumes vendus, devant la bière (environ un quart) puis les spiritueux, même si la bière est la seule famille en progression : +12.6% d’alcool pur vendu depuis 2000, quand le vin reculait de 36.5% (OFDT).

Rappel utile pour se situer : les repères officiels français sont de 10 verres standard par semaine au maximum, pas plus de 2 par jour, avec des jours sans consommation. Nous les décryptons en détail dans notre article sur les repères de consommation.

Dry January : l’adoption française

Lancé au Royaume-Uni, le Défi de janvier a trouvé son public en France. Les chiffres disponibles donnent la mesure du phénomène :

  • environ 4.5 millions de participants en 2024, selon une enquête en population générale ;
  • une participation plus forte chez les 18-34 ans : 29% en 2024 ;
  • selon l’étude JANOVER, 60% des participants tiennent le mois complet, et 8 mois après, 58% déclarent boire moins qu’avant.

Autrement dit : au-delà de l’effet de mode, la pause de janvier laisse des traces mesurables sur les habitudes. Notre guide complet du Dry January détaille comment préparer et réussir ce mois.

D’où viennent ces chiffres ? (méthodologie)

Comme pour tous les pays, deux familles de données coexistent et ne mesurent pas la même chose :

  1. Les statistiques de vente et les données fiscales : elles suivent l’alcool mis sur le marché. Fiables pour les tendances longues, elles ne disent rien de qui boit.
  2. Les enquêtes déclaratives (Baromètre santé de SPF, enquêtes OFDT) : elles décrivent les profils et les usages, mais sous-estiment structurellement les quantités, car on déclare presque toujours moins que ce que l’on boit.

C’est la limite de toutes les moyennes nationales : elles ne disent rien de votre situation personnelle. Un suivi honnête, verre par verre, semaine par semaine, en dit beaucoup plus. Pour la comparaison avec le voisin helvétique, notre article sur les chiffres suisses applique la même grille de lecture.

FAQ

Les Français boivent-ils plus que leurs voisins européens ?

Oui, la France se situe dans le haut du classement : au-dessus de la moyenne de l’Union européenne et dans le groupe de tête des pays de l’OCDE, même si quelques pays d’Europe centrale et balte la dépassent. L’écart avec ses voisins s’est toutefois resserré avec la baisse des dernières décennies. L’Europe reste la région du monde où l’on boit le plus, selon l’OMS.

La consommation des jeunes augmente-t-elle ?

Non, la tendance chez les jeunes est nettement à la baisse : selon l’enquête ESCAPAD de l’OFDT, l’usage régulier à 17 ans a reculé de 14% entre 2017 et 2022, et un jeune de 17 ans sur cinq n’a jamais bu d’alcool. En revanche, les alcoolisations ponctuelles importantes restent répandues parmi ceux qui boivent.

Quelle est la boisson la plus consommée en France ?

En alcool pur, le vin arrive largement en tête, avec 52% des volumes vendus en 2024 selon l’OFDT. En volume de liquide, la bière pèse davantage, simplement parce qu’elle est moins concentrée en alcool.

Combien de décès l’alcool cause-t-il en France ?

L’étude de référence de Santé publique France attribue à l’alcool environ 41 000 décès par an (30 000 hommes, 11 000 femmes), soit 7% des décès, ce qui en fait l’une des premières causes de mortalité évitable avec le tabac.

À lire aussi

Sources